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13.03.2013

Pour bien comprendre le Petit Prince, il est indispensable de connaître son auteur. Virgil Tanase qui a déjà signé chez le même éditeur les biographies de Camus, de Tchékhov et de Dostoïevski (Folio Biographies), nous raconte le parcours d’Antoine de Saint-Exupéry, un homme qui n’était pas destiné à devenir ce qu’il est devenu. Petit à petit, aveuglément, laborieusement, Antoine de Saint-Exupéry s’est fabriqué lui-même mettant à profit des conjonctures qui, différentes, auraient pu le conduire ailleurs, loin de la littérature et de l’aviation. Mais qui n’auraient pu l’empêcher de construire avec ces matériaux de fortune un destin prodigieux. Celui d’un homme persuadé que la vie ne vaut que par le sacrifice qu’on en fait au nom d’un devoir absolu, d’une évidence indiscutable, envers les autres, ce que l’on nommait autrefois honneur.


14.03.2013

Les 28 et 29 juin 2012 se tenaient à Saint-Maurice-de-Rémens un colloque consacré à l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry Pilote de guerre et à l’engagement singulier de son auteur dans le combat contre le nazisme. Aujourd’hui Les cahier de la N.R.F publient les textes de ce colloque, réunis et présentés par Delphine Lacroix.

Rédigé en 1941 pendant qu’Antoine de Saint-Exupéry se trouvait aux Etats-Unis, Pilote de guerre avait pour vocation de convaincre l’Amérique à s’engager dans le conflit qui faisait rage en Europe. Le 20 février 1942, Pilote de guerre est publié à New York et reçoit un excellent accueil de la part de la presse et du public. Le livre parait en France occupée aussi le 14 décembre de la même année, mais il est vite retiré des librairies par les autorités allemandes. Le livre circule pourtant ter terre occupée grâce à deux édition clandestines. Pilote de guerre témoigne de l’engagement de Saint-Exupéry dans la lutte contre ceux qui écrasent l’individu au nom de la « termitière ». Il est aussi un appel adressé à tous les Français pour s’unir par delà de leurs convictions politiques dans la lutte contre l’Allemagne de Hitler.
    
Retrouvez les interventions de Philippe Forest, Delphine Lacroix, Alban Cerisier, Olivier Odaeri, Than-Van Ton-That, Thierry Spas, Pierre Laborie, François Gerber, Claude Carlier, Phillippe Garraud, Jeffrey Mehlman et Laurent Israël.


01.10.2013

Il existe plusieurs états – manuscrits, dactylographiés ou imprimés – du texte du Petit Prince, témoignant des différentes étapes de son élaboration. Antoine de Saint-Exupéry, exilé aux États-Unis quelques mois après la débâcle française de mai-juin 1940, s’est beaucoup investi dans la composition de cet album singulier, qu’il a voulu à son image et d’universelle portée, et dont la première édition a paru le 6 avril 1943 à New York. Le manuscrit original et les dessins préparatoires que Saint-Exupéry avait confiés à son amie Silvia Hamilton sont aujourd’hui conservés par The Morgan Library & Museum, à Manhattan. Ils sont, pour la première fois, reproduits à l’identique et en intégralité.

Le manuscrit autographe du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, conservé par The Morgan Library & Museum à New York (Manhattan), a été acquis par cet établissement en 1968. Son ancien propriétaire était Mme Silvia Hamilton-Reinhardt, qui s’était liée à Saint-Exupéry lors de son séjour aux États-Unis pendant la guerre. L’écrivain lui avait offert ces précieux feuillets le jour de son départ pour l’Afrique du Nord au printemps 1943, quelques jours après la sortie des presses de l’édition originale du Petit Prince, parue simultanément en langues française et anglaise chez Reynal & Hitchcock.
 

Ce manuscrit est constitué de 141 feuillets de texte (280 × 215 mm.), écrits à l’encre et au crayon sur « onionskin paper » (pelure d’oignon), papier souvent utilisé par Saint-Exupéry. Il est complété d’un ensemble de 35 feuillets de dessins préparatoires de l’auteur, également offerts à Silvia Hamilton. L'ensemble apporte de précieux enseignements sur la construction d’ensemble du Petit Prince.

La lecture du manuscrit montre par exemple que les célèbres formules où se concentre l’essentiel de l’esprit et de la poésie du Petit Prince n’ont pas toutes été de premier jet. Ainsi le « S’il vous plaît, dessine-moi un mouton » n’a d’abord été que « Dessine-moi un mouton », la marque de politesse venant s’ajouter ultérieurement dans l’interligne [f. 3]. De même, « J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement » vint après « Mais seulement j’étais bien seul ». Enfin, le secret du renard (« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ») succéda à « Ce qui est le plus important c’est ce qui ne se voit pas » [f. 79] : une formule bien trop banale pour ce qui est probablement la grande révélation du récit.
 

Publié pour la première fois en octobre 2013, le fac-similé de cet exceptionnel manuscrit est accompagné des illustrations qui y étaient jointes et, en fin de volume, de la transcription intégrale. Le manuscrit original sera également présenté au public du 24 janvier au 27 avril 2014, dans le cadre d'une très belle exposition organisée par The Morgan Library & Museum de New York autour de l'histoire américaine du Petit Prince : l'institution new-yorkaise y présente vingt-cinq feuillets portant de multiples corrections, les quarante-trois dessins originaux des premières versions de l'ouvrage ainsi que des éditions rares, des lettres et des photographies témoignant de la vie new-yorkaise de l’auteur.

 

Lire l’article sur l’exposition à The Morgan Library & Museum de New York
Source : www.gallimard.fr
 

© Éditions Gallimard pour les textes.