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Entrepreneur averti, homme pratique et lucide, Pierre-Georges Latécoère
crée en 1918 la Compagnie Espagne Maroc Algérie (Cema) et décroche
un contrat auprès du gouvernement français pour transporter le courrier
de Toulouse à Rabat. La première expérience est réussie et la route se
prolonge jusqu'à Casablanca en 1920.
Devenue la Compagnie Générale d'Entreprise Aéronautique (CGEA),
dirigée par Pierre-Georges Latécoère, Didier Daurat et Beppo de Massimi,
pionniers visionnaires, les avions volent en 1925 jusqu'à Dakar. Mais
déjà les pilotes et leurs chefs rêvent d'une toute autre destination :
l'Amérique du Sud.
En 1927, les lignes Latécoère sont cédées à un investisseur français installé
en Argentine : Marcel Bouilloux-Lafont. A partir de ce rachat, les pilotes
de la compagnie rebaptisée L'Aéropostale explorent toutes les voies
de Rio à Buenos Aires et Santiago.
Ainsi naît La Ligne.


Jusqu'en 1933, La Ligne transporte le courrier entre l'Europe
et l'Amérique, " coûte que coûte ". Sous la férule de Didier
Daurat, les pilotes se dépassent : ils n'ont pas droit au doute :
le courrier doit passer. Le plus grand d'entre eux est, sans doute
possible, Jean Mermoz, l'Archange. C'est lui qui ouvrit les voies
les plus périlleuses, qui accepta tous les sacrifices et ne recula
devant aucun danger.
La légende se forge et les éléments naturels eux-mêmes cèdent : en
1930, alors qu'il est tombé dans les Andes où il est impossible de
survivre, Henri Guillaumet marche trois jours et est retrouvé vivant.
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Mais au-delà de cette aventure humaine unique, l'avenir de la compagnie
est menacé. Marcel Bouilloux-Lafont est endetté, la crise de 1929
aggrave la situation et en 1931 il doit abandonner l'Aéropostale.
En 1932, la nouvelle direction renvoie Didier Daurat, l'homme des
premiers jours.
Le 30 août 1933 est créée la compagnie Air France qui absorbe et
achève de faire disparaître l'Aéropostale.
C'est la fin d'une époque. |
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