La famille

Gabrielle, dite Didi (1903-1986)

Gabrielle est la sœur cadette d'Antoine de Saint-Exupéry. Têtue, Didi peut pleurer des heures et ne renonce jamais à une idée. Antoine l’affectionne particulièrement. Elle seule peut pénétrer dans sa chambre et faire un peu de rangement. Elle l’accompagne en bicyclette dans ses promenades, notamment à l’aérodrome d’Ambérieu où Antoine a son baptême de l’air.
 
La mort de son frère François en 1917, dont elle était la plus proche par l’âge et qu’elle ne quittait jamais, l’affecte profondément.
 
En 1923, elle épouse Pierre de Giraud d’Agay. Le couple s’installe au château d’Agay, situé dans la commune de Saint-Raphaël (Var). En 1925, à la naissance de leur fils François, il demande à Antoine d'être le parrain. Ils ont trois autres enfants prénommés Marie-Madeleine (1927), Mireille (1929) et Jean (1933).

 

Lorsqu'Antoine de Saint-Exupéry disparait le 31 juillet 1944, n’ayant pas eu d’enfant, il avait désigné sa famille comme dévolutaire des droits sur son œuvre et son nom. Entre son frère François (1902-1917) et ses trois sœurs Marie-Madeleine (1896-1927), Simone (1897-1979) et  Gabrielle (1903-1986), seule la cadette eu une descendance. Aujourd’hui, ses quatre neveux, sont les héritiers et ayant droits de son œuvre.

Image: 

François, dit Le Père tranquille (1902-1917)

Compagnon de jeu d’Antoine, ils se disputent souvent et se réconcilient aussitôt. Ils parlent moteurs, aéroplanes et chemins de fer. Très doué pour les mathématiques et la musique, il étudie le violoncelle. Il est, avec Antoine, élève au collège Sainte-Croix au Mans, puis interne à Saint-Jean à Fribourg. C’est là qu’il tombe malade. Atteint d’un rhumatisme au cœur il dépérit doucement et s’éteint à l’âge de quinze ans. Il rédige un testament, laissant à son frère sa bicyclette et une carabine.

Image: 

Antoine, dit Le Roi soleil, dit Tonio (1900 – 1944)

Turbulent et désordonné, Antoine règne en maître sur la fratrie. Il invente continuellement des jeux en exigeant des autres de s’y soumettre. Très attaché à sa mère, il l’attend le soir pour être embrassé avant de s’endormir et souffre quand elle manque à cette obligation. Il met en scène des courtes pièces où il fait jouer son frère, ses sœurs et d’autres enfants, se montrant lui-même un surprenant acteur. Il écrit des vers qu’il récite et il se fâche quand on ne l’écoute pas avec attention. Il fait preuve d’une étonnante curiosité pour les moteurs, les trains et les engins volants. Il partage avec son frère et ses sœurs, l’amour des animaux et refuse d’aller à la chasse, malgré son talent de tireur aux baraques de tir des foires.

Image: 

Simone, dite Monot (1898-1978)

Au dire réprobateur de sa sœur aînée, Simone ne prend rien au sérieux. Toujours gaie, elle pleure pourtant quand les dahlias gèlent où lorsque le petit chat est mort. Elle écrit et compose des journaux illustrés. C’est elle qui nomme son frère Antoine Le Roi soleil, à cause de ses cheveux blonds. Après des études secondaires, Simone fait l’école des Chartes et travaille comme paléographe en France et en Indochine où Antoine lui rend visite en 1934. Elle est l’auteur d’un volume de souvenirs intitulé : Cinq enfants dans un parc,d’un grand nombre de textes, poèmes, proses, pièces de théâtre ainsi que d’un Journal (de 1909 à 1954).

Image: 

Marie-Madeleine, dite Biche, dite Mima (1897-1927)

Les enfants Saint-Exupéry grandissent ensemble et un lien indissoluble se crée au fur et à mesure des jeux et des années.
 
Moins agitée que ses frères et sœurs, Marie-Madeleine s’amuse avec des puzzles, des albums de cartes postales, constitue des herbiers et nourrit les oiseaux. Elle prend du plaisir à peindre et à jouer de la musique. Timide et renfermée, elle préfère se retirer dans sa chambre quand il y a des invités.
 
De constitution fragile, Marie-Madeleine fait plusieurs séjours en sanatorium avant de mourir de tuberculose à l’âge de 30 ans.
Image: 

Marie Boyer de Fonscolombe (1875-1972)

Mariée à Jean de Saint-Exupéry, Marie demeure à Lyon et mène la vie des jeunes femmes de son époque et de son milieu. En sept ans de mariage, cinq enfants se succèdent : Marie-Madeleine (1897), Simone (1898), Antoine (1900), François (1902), Gabrielle (1903). Au cours de l'été 1904, elle devient subitement veuve et ne se remariera jamais. Les premiers temps de son veuvage, elle réside à la Mole, auprès de ses parents, puis s'installe à Lyon chez Tante Tricaud. Mais elle ne se fixe nulle part et multiplie les séjours chez ses parents, frères et cousins. Dans cette vie nomade un peu difficile, elle suit attentivement l’éducation de ses enfants.

 

Durant la Première guerre, elle crée une infirmerie à la gare d’Ambérieu sous l’égide de la Croix Rouge. À la mort de Tante Tricaud, en 1920, elle hérite du château de Saint-Maurice où elle s’installe. Bien que ses revenus fussent très modestes, elle subvient aux besoins de ses enfants mais doit vendre les terres attenantes au château. Son temps libre, elle peint et en 1922, elle est reçue au Salon d’automne des artistes français. Elle a du talent, des institutions et des particuliers acquièrent ses peintures. À la mort de sa fille Marie-Madelaine en 1927, elle se remet à la disposition de la Croix Rouge qui lui confie une mission dans un village de la Somme, puis en Normandie. Revenue à Saint-Maurice en 1928, elle assiste les plus pauvres à Lyon, soigne les cancéreux avec les Dames du Calvaire.

 

En 1932, elle vend la propriété de Saint-Maurice devenue trop grande et trop lourde à gérer. Elle déménage à Cannes avant d’acheter une maison à Cabris qu’elle nomme Les Fioretti, en hommage à son fils François, où elle passera le reste de sa vie. Lorsque la France entre en guerre, elle est admise comme infirmière bénévole à l’hôpital de Vallauris. Et au moment des bombardements du littoral, elle accueille chez elle, Gabrielle et sa famille. En août 1944, lorsqu’elle apprend la disparition d’Antoine, elle se réfugie dans la prière. Elle écrit des poèmes où elle parle souvent de son fils et s’emploie à faire publier ses écrits posthumes. Elle apporte son témoignage à tous ceux, nombreux, qui s’intéressent à lui. Au début des années 1960, elle perd progressivement la vue avant de s’éteindre en 1972.

Image: 

Famille Fonscolombe

Héritiers d’une famille de riches drapiers aixois, les Boyer acquièrent en 1715 la terre de Fonscolombe, au bord de la Durance, où ils construisent un élégant château. En 1741, Honoré Boyer est anobli par charge de conseiller secrétaire du roi. Admis dans le Second Ordre, les Boyer de Fonscolombe achètent des charges au Parlement, des compagnies dans les régiments, et suivent leurs goûts des arts.

 

Laurent Boyer de Fonscolombe (1716-1788), est l'un des plus grands collectionneurs français du XVIIIe siècle. Son fils Emmanuel I (1744-1810), naturaliste de mérite, conseiller au Parlement de Provence, acquiert en 1770 la baronnie de La Mole, aux environs de Saint-Tropez. En 1864, Emmanuel II (1810-1875) est confirmé baron de La Mole par Napoléon III. Musicien de talent, il est également féru de géologie, de botanique et d’entomologie. Il épouse la fille du richissime négociant Salavy, armateur de Marseille dont il a deux fils.

 

L'aîné, Charles, est d’abord inspecteur des Finances. Il épouse Alice de Romanet de Lestrange, originaire d'Ardèche, dont il a cinq enfants. À la mort de son père, Charles et son épouse se retirent dans la propriété de La Mole où il poursuit les traditions naturalistes de sa famille. Charles a une tendresse particulière pour sa fille Marie, qui hérite des dispositions artistiques de la famille.

 

Marie devenue une jolie jeune fille, sa grande tante Gabrielle, comtesse de Tricaud, persuade ses parents de la faire venir à Lyon. Marie quitte la vie pastorale de La Mole pour l’école du Sacré-Cœur de Lyon où elle reçoit l'éducation des jeunes filles de bonne famille, tout en continuant à développer ses talents de peintre. Un jour, sa grande tante lui présente un lointain cousin, Jean de Saint-Exupéry qu'elle épouse le 8 juin 1896, au château de Saint-Maurice.

Jean de Saint-Exupéry (1863-1904)

Jean de Saint-Exupéry, est d'abord officier de dragons, puis par nécessité, entre dans la compagnie d'assurances paternelle qui l'envoie à Lyon. À 33 ans, après avoir « jeté sa gourme », c'est un séduisant et distingué gentilhomme, un beau nom qui a peu de fortune et le goût des plaisirs, bref c'est un vrai « chevalier français ». Chez une lointaine parente, la comtesse de Tricaud, il rencontre Marie de Fonscolombe, fraîchement sortie du Sacré-Coeur de Lyon où elle a été élevée, arrachée à sa Provence natale. Il l’épouse le 8 juin 1896 et le couple s’installe à Lyon, à deux pas de la place Bellecour. De cette union, cinq enfants voient le jour. Né en 1900, Antoine est l’ainé des garçons. Le 14 mars 1904, les jeunes parents vont rejoindre leurs enfants confiés aux bons soins de leurs grands parents Fonscolombe à La Mole, lorsque Jean décède subitement, à l’âge de 41 ans, d’une attaque cérébrale en gare de La Foux.

 

En 1909, au moment où Antoine et François doivent entrer au collège, Fernand de Saint-Exupéry qui voudrait voir grandir ses petits-fils, sollicite sa belle-fille. Marie de Saint-Exupéry s’installe au Mans avec Antoine, François et Gabrielle. Les deux aînées Simone et Marie-Madeleine restent à Lyon chez leur arrière-grand-tante Tricaud. Selon le souhait de leur grand-père, les garçons sont inscrits au collège jésuite Sainte-Croix. Le comte de Saint-Exupéry aime fréquenter la bonne société mancelle et Marie s'entend fort bien avec les oncles et tantes de ses enfants. Ceux-ci trouvent dans leurs cousines et cousins d’excellents partenaires de jeu. Mais leur grand-père, Fernand a une conception de l’éducation plus rigoureuse que celle à laquelle les a habitués leur mère. Pour les vacances, les cinq enfants sont réunis au château de Saint-Maurice.

Image: 

Famille Saint-Exupéry

La famille de Saint-Exupéry est originaire du Limousin, probablement du petit village de Saint-Exupéry, près d’Ussel qui tire son nom d’Exuperius, évêque de Toulouse. Connu pour avoir repoussé les Vandales en 407, il a érigé une première chapelle sur la tombe de Saint Saturnin, remplacée plus tard par la basilique Saint Sernin.

 

À la fin du XVIIIe siècle, Georges de Saint-Exupéry (1757-1825), officier d'infanterie, prend part aux Guerres d'indépendance américaine. Il en écrira une Relation et, après son mariage, émigre et sert dans l'armée de Condé pendant la Révolution.

 

Sous la Restauration, son fils Jean-Baptiste (1791-1843) vend la terre familiale de Saint-Amant en Quercy pour s'installer à Bordeaux, recueillir un héritage et faire un riche mariage dans le négoce bordelais. Il achète le château Malescot à Margaux.

 

L'opulence ne dure pas : son fils aîné Fernand, comte de Saint-Exupéry (1833-1918), a une jeunesse agitée et dispendieuse. L'épidémie de phylloxera achève de le ruiner et il doit vendre tous ses biens. Sous-préfet sous le Second Empire, Intendant militaire pendant la guerre de 1870-1871, il refuse de servir la République et s'installe au Mans à la tête d'une société d'assurances. En 1862, il épouse Alice Blouquier de Trélan dont il a sept enfants. L’ainé, Jean est le père d’Antoine de Saint-Exupéry.

Souscrire à RSS - La famille