L'aviateur

Le 1er accident grave au Bourget (1923)

À la fin du stage, Antoine de Saint-Exupéry est assez bien placé pour choisir son affectation au 34e Régiment d’aviation au Bourget. Il vole sur Caudron C59 et sur Nieuport 29 « l’avion le plus rapide des temps modernes ». Avec des anciens de Bossuet, ils fréquentent les Vilmorin et fait la cour à Louise.

 

Le 1er mai 1923, il embarque un collègue, le sous-lieutenant Richaux, pour un vol d’agrément sur un Hanriot HD-14 pour lequel il n’a pas de licence. Au décollage l’avion part en vrille et s’écrase au sol. Le passager a une fracture du crâne, Saint-Exupéry de nombreuses contusions. L’enquête établit que l’accident est dû à des erreurs de pilotage. À sa sortie de l’hôpital, il est consigné au sol. Le 5 juin 1923, il est libéré du service militaire et se retire au château de Saint-Maurice-de-Rémens (Ain). Il songe à entrer dans l’armée de l’air, mais il en est détourné par la famille de sa fiancée Louise de Vilmorin.

Brevet d’observateur (1922)

De retour du Maroc où il a obtenu son brevet de pilote militaire, Antoine de Saint-Exupéry est dirigé sur Istres (Bouches-du-Rhône) où il s’entraîne sur un vieil avion Caudron G3. Le 5 février 1922, il est nommé Caporal.

 

Le 3 avril 1922, il est admis d’élève-officier de réserve (E.O.R.) de l’aéronautique où il a obtenu la 67e place sur 68. Il est dirigé sur le centre d’instruction d’Avord (Cher) où il est accueilli par Jean Escot. Les cours alternent théorie et travaux pratiques en vol comme observateur. Il fait équipe avec le Sergent Reinequi pilote les Breguet 14 ou les Salmsonalors qu’il est assis à la place arrière pour suivre son instruction comme « sac de sable ». Il a une réputation d’incorrigible distrait, tantôt il oublie ses lunettes de vol, tantôt son crayon pour faire des relevés, il lâche des « bombes » partout sauf dans la zone désignée et ne respecte pas toujours les consignes de vol.Mais malgré ses mésaventure, il a la satisfaction d’avoir sympathisé avec Marcel Reinequ’il retrouvera plus tard à l’Aéropostale.

 

D’Avord, il est dirigé sur Versailles afin d’étudier les différentes liaisons de l’aéronautique avec les autres armes. En tant qu’E.O.R. pilote, il est autorisé à voler sur la base de Villacoublay (Yvelines) où il se rend à moto avec Jean Escot avant les cours. Le 10 octobre 1922, il est promu sous-lieutenant de réserve. Et le 4 décembre 1922, il est titularisé observateur d’aviation.

Image: 

Brevet militaire au Maroc (1921)

Ayant obtenu son brevet civil, Antoine de Saint-Exupéry peut maintenant recevoir une formation de pilote militaire. Elle lui est dispensée au 37e régiment d’aviation cantonné au Maroc, dans les environs de Casablanca où il est muté le 2 août 1921.

 

Tous les matins, il effectue des vols de courte durée à bord d’un Breguet 14. Il se rend à Rabat pour subir les examens de culture générale du concours d’élève-officier de réserve (E.O.R.). Il passe ses week end avec Marc Sabran, un ancien de la Villa Saint-Jean, qui l’emmène chez le capitaine Priou. À la fin de l’été, il s’entraîne sur un parcours triangulaire de quelques 250 km entre Casablanca, Berrechid et Rabat. Le 23 décembre 1921, il obtient son brevet de pilote militaire (N° 19398).

 

« Ma petite maman, si vous me voyiez le matin, emmitouflé comme un esquimau et pesant comme un pachyderme, vous ririez…

J’ai un passe-montagne qui ne s’ouvre que sur les yeux-genre cagoule-et encore sur les dis yeux j’ai des lunettes…

Un large foulard autour du cou (foulard de l’oncle), votre jersey blanc et sur le tout une combinaison fourrée ; Des gants énormes et deux paires de chaussettes dans mes vastes chaussures. » Casablanca [1921], Lettres à sa mère

Brevet civil à Strasbourg (1921)

Lorsqu’en 1921, Antoine de Saint-Exupéry doit effectuer son service militaire, il choisit de la faire dans une unité d’aviation. Le 9 avril 1921, il est incorporé au 2e régiment de Strasbourg, à la Section des Ouvriers d'Aviation. Appuyé par certains officiers, il est autorisé à prendre en privé des leçons de pilotage pour préparer son brevet civil.

 

Le 2e régiment de Strasbourg est installé à une vingtaine de kilomètres de la ville, à Neuhof. Il trouve une chambre en centre ville et fait chaque jour le trajet jusqu’à la caserne. La vie de caserne est assez monotone, il joue au foot-ball avec Jean Escot, apprend à saluer et donne des cours sur le moteur à explosion et l’aérodynamique aux autres recrues. Il n’est pas encore élève-mitrailleur, mais s’arrange pour monter sur le Spad Herbemont. Sur le terrain d’aviation de Neuhof, il fait la connaissance de Robert Aéby, pilote de la compagnie civile Transaérienne de l’Est qui utilise le terrain militaire pour des vols d’agréments.

 

Soutenu par le commandant Garde et le capitaine de Billy et ayant obtenu l’accord de sa mère pour le financement des leçons, il peut entamer son apprentissage d’aviateur pour préparer son brevet civil avec R. Aéby. Il vole pour la première fois à double commande le samedi 18 juin 1921 sur un Farman F-40. Il continue ses leçons sur un Sopwith et le samedi 9 juillet 1921, il réalise son premier vol solo. Après 25 h de vol, il obtient son brevet civil.

Le baptême de l’air (1912)

Antoine de Saint-Exupéry vole pour la première fois en juillet 1912 dans un Berthaud-Wroblewski, piloté par Gabriel Wroblewki lui-même. Malgré l'interdiction de sa mère, il reçoit son baptême de l'air à Ambérieu, sur le champ d’aviation de Bellièvre, tout prêt de Saint-Maurice-de-Rémens où il passe ses vacances.

 

Enfant, Antoine profite de ses vacances à Saint-Maurice de Rémens, pour enfourcher sa bicyclette jusqu’à Ambérieu situé à quelques kilomètres du château. Là, des industriels lyonnais ont aménagé un aérodrome pour expérimenter des modèles d’avions et des écoles de pilotage se succèdent. Monsieur Berthaud, industriel à Villeurbanne finance l’aménagement d’un atelier pour construire des modèles d’avions, sur les plans des frères Pierre et Gabriel Wroblewski-Salvez.

 

Antoine devient un habituel des hangars, très intéressé pas les moteurs et par ces merveilleuses machines volantes. Sa mère ayant elle-même visité les lieux, Antoine prétend avoir son accord pour un tour en avion. Gabriel Wroblewski le prend dans un appareil de sa fabrication, le Berthaud-Wroblewski et Antoine de Saint-Exupéry goûte pour la première fois les plaisirs du vol. Il en est ravi. Il en parle à Odette de Sinety dont il est amoureux, et écrit plusieurs poèmes qui font l’éloge de l’aviation.

image_mediatheque: 

Pages

Souscrire à RSS - L'aviateur