Le scientifique

Le Problème du Pharaon

Preuve supplémentaire de son goût des mathématiques qui est pour lui un exercice de l’esprit, Antoine de Saint-Exupéry est l’auteur d’un Problème du Pharaon. Il établi les termes de ce problème en 1935, à la suite d’un voyage en Egypte. Les pages consacrées à ce problème sont publiées en 1957 par les éditions Dynamo en une plaquette tirée à quelques dizaines d’exemplaires devenues très rares.

 

Voici les termes du problème :

Un pharaon décida d'ériger, en utilisant seulement des pierres taillées en cubes de 10 cm de côté, une stèle massive géante en forme de parallélépipède rectangle dont la hauteur fut égale à la diagonale de la base. Il ordonna à un certain nombre de fonctionnaires de rassembler chacun une part égale de matériaux prévus pour l'érection de la stèle. Puis il mourut. Les archéologues contemporains ne retrouvèrent qu'un seul de ces dépôts. Ils y dénombrèrent 348 960 150 cubes de pierres. Ils ne surent rien des autres dépôts, sinon que le nombre total de ces dépôts était, pour des raisons mystiques, un nombre premier. Cette découverte leur permit cependant de calculer rigoureusement les dimensions de la stèle prévue et de démontrer qu'il n'était qu'une solution possible. Faîtes-en autant.

 

NB 1) Ce problème ne nécessitant aucun tâtonnement numérique, nous donnons pour vous éviter la seule fastidieuse corvée, la décomposition de 348 960 150 en facteurs premiers : soit 2.35.52.7.11.373

NB 2) La solution, par empirisme laborieux, ne compte pas.

SES RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES

Antoine de Saint-Exupéry a l’avantage de posséder depuis sa préparation au concours d’entrée à Navale une approche des mathématiques qui lui permet de suivre un discours inaccessible aux non initiés.

Parmi les ouvrages qui ne le quittent pas, il compte ceux du mathématicien, physicien et astronome britannique James Hopwood Jeans (1877-1946) auteur de nombreuses contributions sur la théorie des quantas. Sur le même sujet, il a lu les livres des deux spécialistes des quantas : le physicien allemand Max Planck (1858-1947) et le mathématicien et physicien français Louis de Broglie (1892-1987).

Fasciné par la complexité mystérieuse du cosmos, il garde à portée de main les ouvrages de l’astrophysicien britannique Arthur Stanley Eddington (1882-1944).

Il a eu l’occasion de discuter avec le physicien Ferdinand Holweck (1890-1941), maître de conférences à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris. Le professeur a travaillé sous la direction de Marie Curie à l’Institut du Radium de Paris.

 

Dans le domaine de l’aéronautique, il connait les travaux de l’ingénieur et physicien spécialisé en aéronautique Théodore Von Karman (1881-1963), théoricien de l’aérodynamique qui enseigne à l’Université technologique de Californie. Son esprit scientifique aide Antoine de Saint-Exupéry à résoudre certains problèmes pratiques liés à son activité de pilote. Mais sa curiosité va bien au-delà et ses connaissances des mathématiques et de la physique lui donnent accès à une compréhension plus exacte du monde. Ses lectures touchent à des domaines très variés allant de la philosophie à la physique fondamentale, l’économie politique, la psychanalyse ou l’astronomie.

Les brevets d’inventions

Devenu pilote, Antoine de Saint-Exupéry cherche des solutions techniques aux problèmes qu’il rencontre quotidiennement pendant ses missions. Il remplit des cahiers avec des notes, des calculs et des dessins. Lorsqu’il lui semble avoir une réponse satisfaisante, il met ses idées au propre et dépose des brevets.

 

Le premier brevet déposé par Antoine de Saint-Exupéry date de 1934 et concerne un système pour l’atterrissage sans visibilité des avions. Il fait preuve d’esprit scientifique dans sa façon d’aborder les questions et d’ingéniosité technique pour les résoudre. Il prend le temps d’expliquer dans les détails ses inventions à ses meilleurs amis dont certains n’ont aucune compétence technique et ont du mal à suivre ses démonstrations.

 

Persuadé de l’importance de ses découvertes, il met tout en œuvre pour faire appliquer ses améliorations techniques. Durant le rude hiver de 1939 à Orconte, affecté au groupe 2/33, il propose des améliorations aux avions militaires. Il suggère d’utiliser une solution à base de méthyle glycol afin d’empêcher les mitraillettes de se bloquer à cause du gel lors des vols à très haute altitude. Il va jusqu’à faire le siège des autorités militaires françaises pour faire appliquer cette découverte encore utilisée de nos jours.

 

De 1934 à 1941, il dépose 11 brevets et 4 additifs (et un sous le pseudonyme Max Ras) à l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) en France et un brevet aux États-Unis. Aucun de ces brevets ne lui apporte une rémunération quelconque. Mais tous sont conservés et certaines de ses idées se retrouvent encore aujourd'hui dans des appareils américains.

 

Néanmoins, Antoine de Saint-Exupéry refuse en 1940 un poste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui aurait pu lui permettre de satisfaire sa passion pour les techniques tout en poursuivant ses recherches dans le domaine de l’aviation. Il préfère refuser le poste qui l’auraitsoustrait aux dangers de l’avant que de renoncer définitivement à son engagement de pilote.

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Les techniques scientifiques

Au début du XXe siècle, l’Industrie se développe rapidement en France et Antoine de Saint-Exupéry est dés l’enfance un spectateur curieux des progrès techniques. Tout l’attire, les automobiles et les locomotives à vapeurs, les moteurs à explosion et par-dessus tout, les engins volants. Adulte, il est tout aussi passionné par les nouvelles applications possibles de la Science et dépose des brevets d’inventions. Pendant ses vacances à Saint-Maurice, Antoine de Saint-Exupéry âgé de 8 ans, dessine les plans d’une bicyclette volante à moteur. Il réalise cette invention avec l’aide du menuisier du village, sans jamais réussir à la faire décoller. Il recycle le moteur à essence pour mettre au point un système d’arrosage qui explose blessant son petit frère François à l'arcade sourcilière.

Quand il peut, il se rend à l’aérodrome d’Ambérieu tout proche du château de Saint-Maurice. Le site est un des berceaux de la grande aventure de l’aviation. Rapidement, il devient un habitué des hangars où il observe le travail des mécaniciens. Les moteurs le fascine autant que les vols.

 

Recruté comme représentant des camions Saurer en 1924, il suit un stage de deux mois aux usines de Suresnes avant d’arpenter les routes de France pour vendre les camions. Riche de cette expérience, il se vante, d’être capable de démonter et de remonter sans difficulté le moteur des véhicules qu’il vend.

 

Recruté par la compagnie Latécoère en 1926, son activité commence selon l’usage, par un stage dans les ateliers de Toulouse Montaudran. Après avoir revêtu ses bleus, il apprend à choisir et manier les outils, il prouve sa dextérité et son intelligence de la mécanique.

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