L'ecrivain

Citadelle (1948)

Arrivé en mai 1943 à Alger, Antoine de Saint-Exupéry intègre le groupe 2/33. Mais en août 1943, il est interdit de vol par les autorités militaires américaines. Hébergé par son ami le docteur Georges Pelissier, il travaille à son livre de réflexions, dont il a entamé l’écriture des premières pages en 1936. À ceux qui l’interrogent sur la date de parution de cette œuvre, il répond en riant : « je n’aurai jamais fini… C’est mon œuvre posthume ».

 

Sollicité pour intervenir en sa faveur auprès du commandement allié, le général de Gaulle refuse de le soutenir et même de rencontrer un officier qui conteste sa légitimité en tant que chef de la France libre. Lorsqu’il parle d’écrivains résistants, le général ne cite pas le nom de Saint-Exupéry. Angoissé par son inactivité, Saint-Exupéry a le sentiment que la victoire des alliés, désormais probable, prépare un monde qui ne le satisfait pas, « un monde capable de produire des pianos à la chaîne, mais incapable de susciter un pianiste ».

 

Antoine de Saint-Exupéry travaille à ce qu’il considère le livre de sa vie : Citadelle. Il en a élaboré la structure dés 1941 durant sa convalescence en Californie. Lorsque Nelly de Vogüé le rejoint à Alger en août 1943, il lui demande à de lire sur le champ les 500 pages qu’il a écrites pour lui donner son avis. Ils auront de nombreuses discussions à propos du livre et même sur le choix du meilleur traducteur anglais pour ce texte méditatif et poétique. En septembre 1943, Léon Wencelius arrive de New York avec une belle valise de cuir contenant les feuillets de Citadelle que Consuelo lui fait parvenir suite à sa demande.

 

Envoyé à Alger par la revue Life, John Phillips, jeune photographe de presse, cherche aussitôt Antoine de Saint-Exupéry dont la notoriété auprès du public américain est immense. Il lui consacre un reportage photographique et tombe sous le charme de l’écrivain. Il décide de l’aider à retrouver sa place dans l’aviation militaire. Il intervient auprès de John Reagan McCarry, l’officier qui a en charge la photographie de presse pour tout l’espace italien, et du général Ira Eaker, commandant des forces aériennes alliées en Méditerranée.

 

En mai 1944, Saint-Exupéry est de nouveau autorisé à voler par les américains. En juin 1944, il rejoint le groupe 2/33 à Alghero (Sardaigne) laissant sa valise à Georges Pélisssier. En juillet 1944, il suit le 2/33 transféré à Borgo (Corse). Le 31 juillet 1944, il décolle pour une mission de reconnaissance sur la région de Grenoble et Annecy, proche de la région de son enfance, dont il ne reviendra jamais.

 

En 1945, Georges Pélissier remet la valise à Nelly de Vogüé. Elle combine l’unité des pages dactylographiées et des brouillons incomplets couverts d’une écriture illisible et en 1948, les éditions  Gallimard, publie pour la première fois Citadelle. Une édition abrégée, préfacée et établie par Michel Quesnel parait en 2000. 

Lettre à un otage (1943)

Antoine de Saint-Exupéry a emporté avec lui en Amérique le manuscrit 33 Jours de son ami Léon Werth. Il cherche à le publié et obtient l’accord des éditions Brentano’s qui ont même versé une avance à l’auteur, retenu en France. En février 1942, Saint-Exupéry écrit un avant-propos au livre mais pour des raisons inconnues l’éditeur américain renonce à ce projet. Il décide de publier séparément sa préface et apporte les modifications nécessaires pour que son texte puisse fonctionner de manière indépendante. Désormais, la Lettre à un otage s’adresse à tous les otages restés en France.

 

En avril 1942, il est invité au Canada par l’éditeur Bernard Valiquette de Montréal, associé aux éditions Brentano’s de New York. Il anime des conférences pour la sortie de Pilote de guerre. Pendant son séjour, il est avisé qu’il ne peut regagner les États-Unis ayant passé la frontière sans visa d’entrée. Il doit attendre la régularisation de son visa (cinq semaines) pour rentrer à New York. Il séjourne à l’hôtel Windsor, rejoint par Consuelo. Il vit très péniblement cet exil contraint au sein d’un autre exil, celui de son séjour prolongé aux États-Unis. En outre, il est alité, victime d’une cholécystite.

 

Depuis que les alliés ont débarqués en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, Saint-Exupéry est obsédé par l’idée de reprendre le combat. Le 29 novembre 1942, il parle à la radio et publie une lettre ouverte dans le New York Times Magazine sous le titre An open letter to frenchmen everywhere. Il demande à tous les Français de faire taire leurs divergences et de s’unir pour mener ensemble le combat et sauver la France. Malgré le prestige de son auteur, l’appel ne suscite que des sarcasmes chez la plupart de ses compatriotes aux États-Unis.

 

Le 13 avril 1943, il embarque à bord du Stirling Castle pour Alger. Arrivé à la fin du mois, il intègre le groupe 2/33. Lettre à un otage sort dans les librairies new yorkaises en juin 1943, alors que son auteur a déjà quitté les États-Unis. En février 1944, Lettre à un otage parait à Alger dans L’Arche n°1 revue dirigée par Jean Amrouche sur une initiative d’André Gide. Le texte suscite les protestations des proches du général de Gaulle. En France, les éditions Gallimard publient la Lettre à un otage en décembre 1944.

Le Petit Prince (1943)

Son éditeur américain Eugene Reynal, à moins que ce ne soit son épouse Elisabeth, suggère à Antoine de Saint-Exupéry d’écrire un conte pour enfants, l’histoire du petit bonhomme qu’il n’arrête pas de dessiner partout. Ce texte de dimensions réduites pourrait être publié pour les fêtes de Noël 1942.

 

Au début de l’été 1942, Antoine loue avec Consuelo une maison à Westport (Connecticut) avant de s’installer dans le manoir de Bevin House à Northport (Long Island), pour fuir l’agitation new yorkaise. Il prend des cours d’anglais avec la jeune étudiante, Adèle Bréaux. Le couple reçoit les Mauroiset invite Marx Ernst dans la grande maison de style Victorien. L’écrivain philosophe Denis de Rougemont leur rend visite souvent et se voit désigné parrain du boxer Annibal qui remplace le petit Yuki.

 

Saint-Exupéry s’attache à l’écriture du Petit Prince et aux illustrations qu’il a décidé de réaliser lui-même. Il manie le stylo à la nuit tombée, à grand renfort de café et de cigarettes. En pleine nuit, il téléphone à ses amis pour solliciter leur avis. À la mi-octobre 1942, le texte est rédigé mais l’écrivain peine sur les dessins. Le fils du philosophe de Konnick lui aurait servi de modèle pour certaines attitudes et le caniche de Sylvia Hamilton pour dessiner le fameux mouton. Parfois, épuisé, il s’endort sur son bureau.

 

Le Petit Prince est finalement publié le 6 avril 1943 par Reynal & Hitchcock en anglais et en français. Le 13 avril 1943, Saint-Exupéry quitte les États-Unis pour rejoindre les Forces françaises libres en Algérie. À New York, les critiques sont élogieuses. Orson Wells commence à travailler sur le scénario pour adapter le livre au cinéma. Mais il renonce découragé par le refus de Walt Disney de s’associer à ce projet.

 

La première édition française est publiée par les éditions Gallimard après la Libération et la mort de l’auteur, en avril 1946. Près de 10 000 exemplaires du premier tirage sont vendus en juin 1946.

Pilote de guerre (1942)

Ses éditeurs américains recrutent Marie Mac Bride, secrétaire originaire de Lyon, à qui Antoine de Saint-Exupéry dicte les notes qu’il a prises la nuit sur des petits carnets. Puis, il achète un dictaphone et s’enregistre pendant ses insomnies. Le soir, il reçoit la société française à New York.

 

Invité en Californie par Jean Renoir, il s’y rend à la fin de l’été 1941 avec l’espoir de faire avancer leur projet d’adaptation au cinéma de Terre des hommes. À Los Angeles, il est opéré de la vésicule biliaire. S’en suit une période de convalescence qui le cloue au lit des semaines. Il travaille à son livre. Pour le distraire Annabella lui lit les Contes d’Andersen, René Clair lui apporte des crayons gras.

 

Il retourne à New York où Consuelo l’a rejoint et finit son livre qu’il hésite pourtant à remettre à ses éditeurs. Le 7 décembre 1941, la base navale américaine de Pearl Harbour est bombardée par le Service aérien de la marine impériale japonaise. Il soutient l’entrée en guerre des Etats-Unis et prononce une allocution Message aux jeunes Américains devant le corps des étudiants volontaires. Ses éditeurs invoquent les avantages à publier son livre à un moment où le public américain, concerné par la guerre après l’attaque de Pearl Harbour, est susceptible de lui assurer un succès considérable :

« Je préfère vendre cent exemplaires d’un livre dont je ne rougis pas,[écrit Antoine de Saint-Exupéry à Lewis Galantière], que six millions d’exemplaires d’un navet

 

Sortie de Flight to Arras aux USA

En janvier 1942, les américains découvrent Flight to Arras grâce à la revue mensuelle The Atlantic, qui publie en trois volets le texte traduit par Lewis Galantière. En février, l’ouvrage est publié simultanément en français par La Maison française, et en anglais par Reynal & Hitchcock avec des illustrations de Bernard Lamotte. Le livre est un des plus vendus aux Etats-Unis en 1942.

« Ce récit et les discours de Churchill représentent la meilleure réponse que les démocraties aient trouvée jusqu’ici au Mein Kampf » écrit Edward Weeks dans The Atlantic.

 

Sortie de Pilote de guerre en France

Pilote de guerre sort en France en fin d’année 1942. Le lieutenant Gerhard Heller, chef de la Propaganda Staffel fait supprimer une seule phrase : « Hitler qui a déclenché cette guerre démente… » avant de signer l’autorisation de publication. Les autorités vichystes et l’entourage du général de Gaulle dénoncent le livre avec la même violence. Les uns y voient une exhortation à continuer la guerre contre l’Allemagne. Les autres le considèrent défaitiste. Le livre est finalement interdit sous prétexte qu’il exprime des sentiments philosémites (éloge de l’aviateur Jean Israël). Deux éditions clandestines sortent à Lyon en 1943 et à Lille en 1944.

New York, le guêpier de l’exil (1941-1943)

À New York, Antoine de Saint-Exupéry retrouve son ami Bernard Lamotte dans son atelier de la 52e rue. Son arrivée est célébrée le 15 janvier 1941 par un banquet à l’hôtel Astor, où Elmer Davies (futur directeur de l’United States Office of War Information) lui remet le prix de l’American Booksellers Association (avec un an de retard) pour Wind Sand and Stars.

 

Saint-Exupéry n’a pas l’intention de rester plus de quelques semaines à New York. Cependant, les épouses de ses éditeurs, Elisabeth Reynal et Peggy Hitchcock lui trouvent un appartement dans un gratte-ciel au 240 Central Park South. Eugene Reynal, Peggy Hitchcock et Maximilien Becker l’aident à régler les questions financières et Lewis Galantière se joint à eux pour lui servir d’interprète.

 

Saint-Exupéry découvre la colonie française composée de près de 20 000 exilés diplomates, artistes, scientifiques, industriels, financiers installés à New York et Los Angeles. Il se tient à distance de ceux qui répandent à son égard les calomnies les plus farfelues. Il serait en train d’acheter des avions pour le gouvernement de Vichy, il serait antisémite et royaliste, etc. Lorsque Vichy le nomme membre du Comité d’écrivains, il fait répondre dans un article du New York Times qu’il n’a pas été consulté et décline l’offre. Les autorités américaines le regardent avec suspicion. De Gaulle essaie de la rallier à sa cause, sans succès, ce qui lui vaudra le ressentiment tenace du général.

 

« Saint-Exupéry n’est pas un homme politique et préfère exercer son influence, s’il en a une, au moyen de ses écrits. » déclare Roussy de Sales le 31 janvier 1941.

Démobilisation de 1940, un visa pour l’Amérique (1940)

Le 22 juin 1940, l’armistice est signé à Rethondes. Une ligne de démarcation sépare la France en une zone libre et une zone occupée sous administration allemande. Les colonies restent sous l’autorité du gouvernement français installé à Vichy.

 

Mi juin 1940, Saint-Exupéry convoie un avion Farman en Afrique du Nord. Démobilisé le 31 juillet 1940, il quitte Alger pour Marseille, puis s’installe à Agay chez sa sœur Gabrielle où il travaille à son nouveau livre. Vers septembre 1940, il arpente la France. Il se rend à Vichy avec Paul Creyssel, où le Maréchal Pétain l’aurait reçu en audience. Il rencontre Gaston Gallimard à Villalier, près de Carcassonne, lui montre l’ébauche de Pilote de guerre et le manuscrit de Citadelle.

 

Il voit Léon Werth réfugié à Saint-Amour et partent en excursion à Fleurville avec son épouse Suzanne et son fils Claude. Werth lui conseille d’aller recevoir son prix aux États-Unis et lui confie son manuscrit de 33 Jours pour le faire publier. Il visite Charles Sallès à Tarascon qui l’encourage aussi à partir. Il retourne à Vichy pour récupérer son visa américain. Il voit Robert Boname, dîne avec Roger Beaucaire, croise Joseph Kessel et provoque Pierre Laval par ses propos anti-vichystes. Pierre Drieu la Rochelle (qui a la confiance des autorités allemandes) l’accompagne à Paris puis il se rend à Lyon.

 

Saint-Exupéry revient dans le Sud de la France où se trouvent beaucoup de ses amis dont Henri Guillaumet. Début novembre 1940, il embarque pour l’Afrique du Nord et rend visite au groupe 2/33 en garnison près de Tunis. À Alger, il confie à ses amis qu’il veut tenter de convaincre les autorités américaines d’entrer en guerre. Il leur promet de revenir avec les premières autorités américaines venues libérer la France. Puis, il part pour Lisbonne animer une conférence. De là, il apprend la mort de Guillaumet abattu par erreur par un avion allié le 27 novembre. Le 21 décembre 1940, il monte à bord du Siboney pour New York. Pendant le voyage, il sympathise avec Jean Renoir. À leur arrivée, ils sont assaillis par de nombreux journalistes.

L’entrée en guerre, l’engagement (1939-1940)

Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Antoine de Saint-Exupéry est mobilisé et affecté au bataillon de l’air 101, à Toulouse-Francazal. Mais cette situation à l’arrière ne lui convient pas. Il multiplie les interventions auprès du général René Davet et du ministre de l’Air Guy La Chambre, et obtient une affectation au sein du groupe de reconnaissance 2/33 basé à Orconte, en Champagne-Ardenne.

 

À la demande de Jean Giraudoux, ministre de l’Information, il rédige Le Pangermanisme et sa propagande qu’il lit à la radio le 18 octobre 1939. Le ministre cherche à le retenir, veut user de sa notoriété d’aviateur et d’écrivain pour l’envoyer en mission de propagande aux Etats-Unis. Saint-Exupéry refuse et réplique à ceux qui craignent pour sa vie qu’il ne peut écrire que s’il engage son corps dans la confrontation avec le danger, qu’il a besoin de cette épreuve pour nourrir sa plume.

 

Il arrive le 2 décembre 1939 à l’escadrille de La Hache à Orconte. Malgré son grade de capitaine, Saint-Exupéry refuse de loger au château du parc de Plessis et choisit son cantonnement dans une ferme en face de l’église du village. Le lieutenant Gavoille se charge de son instruction au métier de pilote de guerre. Il dispose de temps pour réfléchir et note dans ses carnets des considérations sur la guerre et le destin de l’homme. Dans ses lettres à Léon Werth, il dessine un petit personnage ailé sur un nuage. La vie sur la base est ponctuée de divertissements et plusieurs personnes lui rendent visites : l’acteur Fernandel, Joseph Kessel, Ramon Fernandez, Pierre Mac Orlan, Nelly de Vogüé...

 

Le 15décembre 1939, le Grand Prix du Roman de l’Académie française lui est décerné à Paris, pour Terre des Hommes. En janvier 1940, ilreçoit un ordre de mutation pour Paris où il a obtenu un poste au CNRS. Il pourra y poursuivre ses recherches et expérimentations dans le domaine de l’aviation. Il s’agit en fait d’un complot inventé par ses amis pour le soustraire aux dangers de l’avant.

 

En février 1940, il accomplit un stage de transformation sur Potez 63 puis sur Bloch 174. Le 29 mars, il accomplit la première de ses trois missions sur Bloch 174. Les 31 mars et 1er avril, il exécute coup sur coup deux missions photographiques à très haute altitude, pleinement réussies. Le 23 mai 1940, il part en mission surArras. Ce vol mémorable lui fournit la matière de son prochain livre Pilote de guerre.

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Prix de l’Académie française & de l’American Booksellers Association (1939)

 
À Paris, Antoine de Saint-Exupéry quitte l’appartement de la place Vauban (Paris 7e) et s’installe seul rue Michel-Ange (Paris 16e). C’est là qu’il corrige les épreuves de son livre et raye le titre Étoiles par grand vent qu’il remplace par Terre des hommes. Le 29 janvier 1939, il est promu Officier de la Légion d'Honneur, au titre de ses qualités littéraires par le ministère de l’Education nationale. Henri Guillaumet est son parrain.
 
Son dossier de Légion d’Honneur fait état de ses reportages en Russie et en Espagne, de ses nombreuses missions officielles et conférences à l’étranger pour promouvoir l’image de la France. Il met l’accent sur le succès de Vol de nuit, récompensé du Prix Femina, traduit en de nombreuses langues et dont le film a été distribué dans le monde entier et sert de « modèle à tous les films d’aviation marchande postérieurs ».

En février 1939, Saint-Exupéry se rend à New York pour travailler à la version anglaise de ses textes avec Lewis Galantière. De retour en France, il se soumet aux interviews liées à la sortie de Terre des hommes. Il part ensuite en Allemagne afin d’étudier une proposition de traduction de son livre. Otto Abetz (représentant de l’Allemagne en France) lui fait visiter une Führerschule (école des cadres du parti) en compagnie de l’académicien Henry Bordeaux. Le 15 mars 1939, les armées allemandes envahissent la Tchécoslovaquie et Saint-Exupéry quitte au plus vite le pays.
 
Enthousiasmé par sa lecture de Terre des hommes, Henry Bordeaux, sans en parler à Saint-Exupéry, propose son livre pour le Grand Prix du Roman de l’Académie française. Le prix lui est attribué (doté d’un chèque de 5 000 F) pour son récit. L’événement est fêté par un couscous chez Consuelo en présence de Léon Werth, Léon-Paul Fargue et Dominique Fernandez. En Amérique Wind, Sand and Stars est lancé en fanfare par les éditeurs Reynal & Hitchcock et devient rapidement un best-seller. L’American Booksellers Association (association des libraires américains) classe le livre parmi l'un des plus grands récits d’aventures sur l'aviation jamais publié. En juillet 1939, Saint-Exupéry se retourne à New York pour participer aux manifestations liées au succès de son livre. En janvier 1941, l’association organise un grand banquet pour lui remettre son prix.
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Terre des hommes (1939)

En janvier 1938, Saint-Exupéry débarque pour la première fois aux États-Unis pour tenter le raid New York – Terre de feu. Il jouit d’une réputation bien établie outre-Atlantique grâce à la traduction des ses livres Night Flight (Vol de nuit) en 1932 et Southern Mail (Courrier Sud) en 1933. De plus, l’adaptation au cinéma de Night Flight avec Clark Gable dans le rôle principal a été un énorme succès toujours présent dans les esprits.

 

Il rencontre Maximilien Becker qui devient son agent littéraire. Il signe un contrat avec les éditeurs Eugene Reynal et Curtice Hitchcock après leur avoir présenté des feuillets noircis de son écriture illisible et laissé croire qu’il s’agissait des premiers chapitres de son prochain livre.

 

Le raid New York – Terre de feu se solde par un terrible accident à Guatemala City.Revenu à New York pour sa convalescence, Saint-Exupéry fait la connaissance de Lewis Galantière que ses éditeurs américains ont engagé pour traduire son livre. Lewis Galantière constate que les feuillets sont des fragments qu’il faut relier par un fil logique. En avril 1938, Saint-Exupéry rentre en France d’où une longue correspondance s’engage avec son traducteur pour l’élaboration de Terre des hommes / Wind, Sand and Stars.

 

En juillet et août 1938, la revue américaine The Atlantic publie Crash in the Desert récit de son accident en Libye en 1935. Sur le même thème, six articles paraissent dansParis-Soir sous le titreAventures et Escales en novembre 1938. Ces textes sont repris pour figurer dans Terre des hommes. Le livre sort dans les librairies françaises en février 1939 édité chez Gallimard. Publié en juin 1939 aux États-Unis, Wind, Sand and Stars est élu par l’American Booksellers Association et devient un best-seller. L’édition américaine comprend un chapitre Les Eléments écrit à la demande de Lewis Galantière et des éditeurs américains, que l’auteur n’a pas voulu reprendre dans l’édition française. En décembre 1939, il reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française. 

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Les articles de presse (1932-1938)

À la fois confiant dans une vocation littéraire brillamment confirmée par le prix Femina et désemparés par les attaques dont il est en butte, Antoine de Saint-Exupéry n’envisage pas de nouveau livre, plutôt attiré par le cinéma. Il se laisse convaincre de donner à la presse des articles susceptibles d’améliorer ses finances catastrophiques. Son premier article Pilote de ligne parait le 26 octobre 1932 dans le premier numéro de Marianne crée par Gaston Gallimard. Jusqu’en 1934, Saint-Exupéry écrit sur l’aviation, raconte ses aventures en Afrique et en Amérique du Sud, voit ses articles publiés dans « l'hebdomadaire de l'élite intellectuelle française et étrangère ». À partir de 1935, il publie dans divers supports de presse : Air France revue, Le Minotaure, Paris-Soir, L’Intransigeant

 

 

Reporter en U.R.S.S.

Fin avril 1935, le journal Paris-Soir dirigé par Jean Prouvost, envoie Saint-Exupéry en Union soviétique. Son séjour se déroule en marge de celui de Pierre Laval venu conclure avec Staline le pacte d’assistance franco-soviétique. Il dicte ses textes par téléphone qui sont aussitôt envoyés à l’imprimerie. À travers la description de sa traversé de la Pologne en train, des cérémonies pour la Fête du travail ou de l’accident du Maxime-Gorki, fleuron de l’aviation soviétique, ses articles témoignent de la situation politique, économique et sociale en U.R.S.S.

 

Mésaventure en exclusivité

En janvier 1936, il réserve à L’Intransigeant l’exclusivité de son raid aérien Paris-Saigon. Regroupés sous le titre Le Vol brisé, Prison de sable, six articles sont annoncés en première page et tiennent en haleine les lecteurs du journal à grand tirage. En fin d’année 1936, il consacre plusieurs articles à son camarade Jean Mermoz disparu le 7 décembre à bord du Croix du Sud, publiés dans La vie aérienne, Marianne, Le Flambeau, L’Intransigeant.

 

Correspondant de guerre en Espagne

En août 1936,L’Intransigeant affrète un avion pour Barcelone où Saint-Exupéry part couvrir la guerre civile. Il rédige une série d’articles sur L’Espagne ensanglantée publiée du 12 au 19 août 1936. Il repart en avril 1937, cette fois-ci pour le journal Paris-Soir, à Madrid, qui a résisté à l’assaut des troupes nationalistes. Il retrouve Henri Jeansonenvoyé du Canard enchainé, qui organise leur transport sur le front de Carabancel. De retour en France, trois articles sont publiés. Celui du 26 juin 1937 est illustré de la photographie Mort d'un soldat républicain de Robert Cappa aujourd’hui symbole de la guerre d’Espagne. Trois autres articles intitulés La Paix ou la Guerre paraissent en octobre 1938.

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