Articles consacrés a Mermoz (1933-1937)

Articles consacrés a Mermoz (1933-1937)

 

Dés 1933, Antoine de Saint-Exupéry écrit des articles sur Jean Mermoz ses exploits et sa disparition en 1936. Il rappelle son histoire et dresse le portrait d’un homme engagé, ardant, courageux et d’une grande noblesse.

 

Jean Mermoz (1901-1936) est le pilote des records. Engagé en 1924 par la compagnie Latécoère, il a été un des pionniers à voler au-dessus du désert pour livrer le courrier sur la ligne Casablanca-Dakar. En Amérique du Sud, il a  ouvert la ligne Buenos-Aires-Santiago au-dessus des Andes et expérimenté les vols de nuit. Il a tenté les premières traversées de l’Atlantique Sud en hydravion. Le 7 décembre 1936, il disparaît avec son équipage aux commandes de l’hydravion Croix du Sud en traversant l’Atlantique.

 

Saint-Exupéry admire Mermoz même s’il ne partage pas ses idées et son engagement aux Croix-de-Feu. Dans un article publié dans Marianne en 1935, il loue son « loyalisme professionnel » et son désintéressement pour l’argent. Célèbre, Mermoz pouvait se contenter de tirer profit de sa notoriété et ne plus risquer sa vie. Mais l’argent ne permet pas d’acheter l’amitié des hommes liés pour la vie parce qu’ils ont affronté ensemble une épreuve.

 

À l’annonce de sa disparition, le 7 décembre 1936, Saint-Exupéry rédige plusieurs articles dans lesquels il rend hommage au pilote courageux. Dans un premier temps, il garde l’espoir de retrouver son ami sain et sauf. Puis, il fait son deuil, obligé de constater son absence. La disparition de Jean Mermoz provoque une attente puis un manque. Ses camarades avaient besoin de lui comme on a besoin de pain quand on a faim. En 1937, un an après sa disparition, il prononce une allocution, l’Adieu à Mermoz et à ses compagnons d’infortune. Il reprendra certains de ces articles pour les faire figurer dans son livre Terre des hommes paru en 1939.

 

 

Mermoz, dans Marianne n°14, 25 janvier 1933

Saint-Exupéry rend hommage à Jean Mermoz qui vient d’accomplir sa seconde traversée de l’Atlantique Sud sur un avion terrestre.

 

Mermoz, pilote de ligne, dans Marianne n°146, 7 août 1935

Saint-Exupéry fait l’éloge de Jean Mermoz, investi d’un « loyalisme professionnel » et il relate les exploits. Cet article servira à l’élaboration d’un autre, plus ample, publié après la disparition de Mermoz dans l’Intransigeant en 1937.

 

Nous sommes quelques-uns à ne pas renoncer encore à Mermoz, dans [L’Intransigeant], 10 décembre 1936

Cet article est publié trois jours après l’annonce de la dramatique disparition de Mermoz en survolant l’Atlantique aux commandes de l’hydravion Croix du Sud. L’attente est angoissante et Saint-Exupéry veut croire qu’un miracle est encore possible.

 

Il faut encore chercher Mermoz, dans L’Intransigeant, 13 décembre 1936

Mermoz est porté disparu « quatre jours » (en réalité depuis le 7 décembre 1936) mais Saint-Exupéry a l’espoir de le retrouver. Pour avoir participé à des recherche aérienne, il cite plusieurs exemples de pilotes retrouvés : Reine et Serre, Guillaumet, Ville…

 

Mermoz, le héros vaincu, dans La vie aérienne, 15 décembre 1936

 

A Jean Mermoz, dans Marianne, 16 décembre 1936

La rédaction de Marianne demande à Saint-Exupéry de confier des souvenirs sur Jean Mermoz. Il écrit cet article cinq jours après la disparition de son camarade aviateur qu’il espère encore vivant.

 

A Jean Mermoz, dans Le Flambeau, 16 janvier 1937

 

Mermoz avait défriché les sables, la montagne, la nuit et la mer dans [L’Intransigeant],

27 janvier 1936

Cet article est repris dans Terre des hommes chapitres I « La Ligne » et II « Les camarades ».

 

Adieu à Mermoz, 7 décembre 1937

Allocution prononcée le 7 décembre 1937 pour commémorer de la disparition un an auparavant de Jean Mermoz et son équipage.

 

Tu es large comme une génération…

Ebauche d’un article jamais publié du vivant de Saint-Exupéry dans lequel il rend hommage à Jean Mermoz disparu.

 

L’argent est un moyen. (…) ce qu’on peut rêver de plus précieux, l’argent ne l’achète pas.

 

Mermoz est un des rares hommes qui ne confondent pas l’argent, symbole de richesse et de possession, avec la richesse et la possession.

 

Il ne décollait pas, Mermoz, il se délivrait de la boue.

 

Je crois en tous ceux qui apprennent la vie à travers un outil…

 

C’est le désert et la soif et l’image présente de la mort qui fondent ces statures de capitaine.

 

[ A Mermoz] Pardonne-moi, je ne puis encore te croire parfait, de la perfection des morts.

 

Aucune fête n’a d’autre sens sinon celui de faire sentir aux hommes cette communauté admirable qui peut être la leur.

 

 

Antoine de Saint-Exupéry : Terre des hommes, Gallimard, 1939

 

Catalogue de l’exposition Saint-Exupéry,Archives nationales, 1984

 

Cahiers Saint-Exupéry III, Gallimard, 1989

 

Saint-Exupéry : Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1994

 

Gallica, bibliothèque numérique de la BnF, donne accès aux volumes numérisés de L’Intransigeant de 1880—1948

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