Jean Prévost (1901-1944)

Jean Prévost (1901-1944)

Secrétaire de rédaction de la revue littéraireLe Navire d’argent, Jean Prévost révèle Saint-Exupéry au public en publiant son premier texte L’Aviateur en avril 1926.

 

C’est dans le salon littéraire d’Yvonne de Lestrange, que Jean Prévost fait la connaissance d’Antoine de Saint-Exupéry. Il est impressionné, par la force et la finesse avec lesquelles « Tonio », comme il l’appelle, parle de ses impressions d’aviateur. Apprenant qu’il s’essaie à l’écriture, il demande à le lire. Antoine perd le texte qu’il voulait lui soumettre et le réécrit de mémoire. En retard au rendez-vous fixé au café Deux-Magots, place Saint-Germain-des-Prés, il laisse le manuscrit à la caisse, qui arrive finalement entre les mains de Jean Prévost. Ce dernier opère quelques remaniements du texte à commencer par le titre L’Évasion de Jacques Bernis, qu’il change avant publication pour L’Aviateur.

 

Jean Prévost recommande le jeune auteur à Gaston Gallimard et encourage celui-ci à lui proposer un contrat pour un premier livre. Lorsque Courrier Sud est en relecture, il corrige les épreuves et signe une chronique laudative du roman publiée par la Nouvelle Revue Française en 1929. Il salue aussi Vol de nuit par un article très élogieux publié dans Gringoire en 1931. À la fin des années 1930, boursier aux États-Unis, il est de ceux qui contribuent à faire connaître Antoine de Saint-Exupéry outre-Atlantique. Sur l’exemplaire de Terre des Hommes qu’il lui dédicace, Antoine de Saint-Exupéry le remercie de lui avoir suggéré l’idée de ce livre. Notons qu’en 1936, Jean Prévost publiait lui-même un volume intitulé La Terre est aux hommes.

 

Jean Prévost adhère au Comité national des écrivains, créé par Aragon et sa femme. Il reçoit le Grand prix de littérature de l’Académie française en 1943. Pendant la guerre, il entre dans la Résistance sous le nom de capitaine Goderville et participe à la création du journal clandestin Les étoiles à la fin de 1942. Il est tué les armes à la main à Sassenage, dans le Vercors, le 1er août 1944, le lendemain de la disparition de Saint-Exupéry.